paris brest paris

Le 23/03/2020 0

En cette période de confinement ,retour sur les plus beaux récits du blog,en numéro  1 je mettrai le paris brest paris de freddy en 2015:

ci joint le lien PARIS BREST PARIS et BRA de

 

paris brest paris

Paris-Brest-Paris

Du 16 au 20 août 2015

 

Dimanche 16 août

            Avec Pascal Branly, nous sommes présents depuis le matin à Saint-Quentin en Yvelines au vélodrome national, lieu de départ du        , afin de faire vérifier nos vélocipèdes et de finaliser les dernières démarches administratives.

            16H00 : Départ de la première vague, la vague A (Chaque vague comporte entre 250 et 300 cyclotouristes). Les vagues A à D ont choisi de faire le PBP en moins de 80 heures, les vagues E à U ont choisi moins de 90 heures.

            Puis les vagues s'enchaînent toutes les 15 minutes. La plus singulière est celle des vélos spéciaux (bien sûr, il y a les vélos allongés carénés ou non    . Petit déj' : un plat de pâtes au saumon. Il faut ce qu'il faut ! Pâtisseries !           La montée est longue mais la pente est douce alors pas besoin du petit plateau. Puis descente jusque Brest. Quelle vue sur la rade de Brest lors du passage du pont Albert Louppe. Depuis ce matin le soleil est présent et la journée est chaude. Depuis hier, le vent vient de trois quarts droite mais il n'est pas trop fort. Pas le temps de visiter. Je mange et discute avec trois Suisses et je repars vers Carhaix avec la remontée de Roc Trévezel.

            De nombreux Brestois nous applaudissent, nous encouragent « Bravo les gars pour ce que vous faites ! » C'est la première fois que l'on m'applaudit et que l'on m'encourage quand je fais du vélo.

            Au retour, à partir de Carhaix, je ne pensais plus croiser des cyclos qui étaient sur l'aller. Et bien quelle n'est pas ma surprise d'en voir et beaucoup, partis même le dimanche après-midi. Mon étonnement ne cessera que quelques kilomètres après Loudéac (environ 170 km de Brest) lorsque je croise la dernière cyclotouriste, une Chinoise avec un grand sourire et qui continue tranquillement sa route vers Brest. Elle est hors délai depuis longtemps.

            Voici Loudéac, énorme repas. Il est 21h00. Je décide d'avancer jusque Quédillac (Cela fera 339 km en ce deuxième jour) pour y dormir. J'y arrive fatigué, il est 23h00.

            Poser le vélo. Se diriger vers le gymnase.

  • Puis-je dormir ?
  • Oui, il y a de la place !

    En effet, une vingtaine de cyclos ronflent à qui mieux mieux sur de bons matelas.

  • Puis-je prendre une douche ?
  • Pas de problème !

    C'est le luxe ! Quel bonheur de se laver après 42h00 et plus de 800 km.

                Un bon matelas, une couverture. Je suis au chaud et je m'endors comme une masse. À la question « A quelle heure voulez-vous être réveillé, j'ai répondu que je me réveillerai tout seul, comme un grand. Cela a bien fait rire ! » Eh oui, les horaires de réveil sont parfois improbables : 3h45 pour l'un, 4h30 pour un autre, …

                Moi, c'est vers 2h30 que je me réveille. Il est trop tôt pour repartir. Le dortoir est comble. Je suis étrangement bien réveillé, très lucide (c'est ce que me diront plusieurs personnes au contrôle). Je comprend que je viens de faire les deux tiers du parcours en 2 jours. Il me reste 1 jour et demi pour faire 400 km. Je décide de modifier ma façon de rouler. J'ai 51 ans, je n'ai rien à prouver à personne, je sais que je validerai, sauf incident, mon PBP. Je suis venu voir ce qu'est le PBP alors, je vais en profiter. Mon second, le vrai, l'aventure PBP  au bord des routes bien installés ou alors le vélo jeté à la hâte et endormis les pieds au ras du bitume.

                Pascal demande à ce que l'on soit réveillés à 5h30.

paris brest paris fin

quatrième et dernier jour

            5h20 ! Nous nous sommes réveillés sans aide, bon signe. 5H30, nous sortons du dortoir. Les bénévoles nous informent que le contrôle de Mortagne-au-Perche vient de fermer alors même qu'un cycliste arrive. Il ne validera pas mais il devra finir la randonnée.

            « Combien en restent-ils derrière lui ? Je risque cette question.

  • Environ 500 ! »

                Tout est dit...

                Pascal et moi allons prendre un petit déjeuner avant de repartir. Devant nous, Dreux à 75 km puis 65 km jusque Saint-Quentin. Le jour point déjà. Je me sens plus en forme que jamais !

                Nous roulons vite, trop vite, nous doublons de nombreux cyclos et rattrapons la pluie. Un arrêt pour vêtir l'imperméable et un Suédois me demande s'il peut me suivre car il est limite au niveau temps, il a peur de ne pas valider. Pas de problème sur le plat, il suit aisément mais dans les bosses, nous l'attendons. La pluie redouble mais pas notre vitesse sauf dans la traversée des villages. Être et rester lucide ! Ne prendre aucun risque ! Ce serait trop bête !

                Dreux déjà ! Il est 9h15. Le Suédois est tellement heureux qu'il me prend dans les bras et me remercie. Il lui reste un peu plus de 3 h pour 65 km. Ça va le faire !

                Dernier repas, j'en profite. Dernière étape mais pas la moins calme. Au sortir de Dreux, nous ratons une flèche, un habitant nous klaxonne et nous remet sur le chemin. Doucement la pluie diminue et finit par s'arrêter. Nous avons fait à peine 25 km que l'on découvre à l'amorce d'une légère montée un cyclotouriste français allongé au milieu de la route. Il semble inconscient. Autour de lui, de nombreux cyclos étrangers hébétés et ne sachant que faire, impuissants. Il y a un Français, désemparé, il ne sait pas quoi faire. Dès qu'il s'aperçoit que nous parlons français, il est rasséréné. il n'y a pas à réfléchir, avec Pascal, nous nous arrêtons pour prêter main forte. Je parle à l'inconscient. Il bredouille quelques mots. Pendant ce temps, Pascal gère la circulation. La route est étroite et le gars dort au milieu, le vélo entre les jambes. Nous n'osons pas le bouger ! A-t-il une fracture ? Une hémorragie ? Les véhicules passent sur le bas côté, les cyclotouristes étrangers sont repartis. L'autre Français prévient les secours. Il nous faut bien cinq minutes pour nous repérer sur ma carte mais grâce à la géolocalisation, les pompiers nous repèrent. Nous essayons de joindre les responsables de Dreux puis de Saint-Quentin mais par deux fois nous tombons sur le répondeur. Déjà les pompiers sont là et s'occupent de l'endormi. Les gendarmes arrivent quelques instants plus tard. Puis les motos assistances de l'organisation nous rejoignent. Un Danois propose d'acheminer le vélo jusqu'à Saint-Quentin. Nous ne pouvons rien faire de plus alors nous repartons. Mine de rien, nous avons passé près d'une heure.

                Incroyable, ce malheureux s'est endormi sur son vélo. À moins de 50 km de l'arrivée, il ne validera pas son PBP et se réveillera à l'hôpital certainement surpris d'être là.

                Autre cyclotouriste déraisonnable, celui dont les muscles cervicaux ne tiennent plus la tête et qui, n'ayant pas de minerve comme d'autres que j'ai rencontrés, a posé l'extrémité d'un bâton sur son guidon et tient l'autre extrémité à l'aide de la main gauche sur son menton.

                12H55, Saint-Quentin   .Résultat de recherche d'images pour "paris brest paris" Derniers applaudissements. Voilà 25 km que je suis euphorique et que je m'amuse à rattraper des cyclos, à les applaudir et à les féliciter pour leur exploit. Un est déçu car il arrive en retard et ne valide pas son PBP. Beaucoup sont surpris par ce Français, il pense que je suis un quidam mais lorsqu'il voit ma plaque, ils comprennent mon état d'esprit et me félicitent en retour.

                Voilà la ligne d'arrivée que l'on franchit, Pascal et moi. 1230 km. 79H55 min. Nous nous félicitons. Vraiment la fatigue n'est pas là. Ce n'est que du bonheur, un moment de grâce, de béatitude ! Jamais je n'ai connu à vélo cette sensation... J'aurais souhaité que le PBP continue...

                Mais il est vrai que pour en arriver là, nous nous sommes bien entraînés.

                Cette année, nous avons fait :

    • 8 brevets de 200 km,
    • 3 brevets de 300 km,
    • 2 brevets de 400 km,
    • 1 brevet de 600 km.

                  Et, au mois de juillet, nous avons fait l'aller-retour à vélo jusque Vizille, au sud de Grenoble, afin de participer au Brevet des Randonneurs Alpins (plus de 200 km avec un dénivelé de plus de 5 000 m : 4 cols à franchir). Plus de 2 000 km en 10 jours.

                  Mais surtout, nous n'avons pas voulu faire un temps, nous avons simplement participé à une merveilleuse fête du vélo.

                  Il faut savoir garder sa lucidité, ne pas dépasser ses limites (Un cyclotouriste Breton est mort d'un arrêt cardiaque près de chez lui.).

                  Que Paris-Brest-Paris vive encore longtemps !        Résultat de recherche d'images pour "paris brest paris"         

    • FREDDY

 
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